30 juillet 2026

L'Australie réinterprète le ciel !

 Il ne reste plus qu'un seul pays en lice.

Après cinq propositions aussi différentes les unes que les autres, l'Australie deviendra jeudi le sixième et dernier compétiteur de cette 40e édition avant le traditionnel feu de clôture. Avec Like a Version, la famille Foti ne promet pas seulement un spectacle pyrotechnique : elle propose une réflexion sur la façon dont une même œuvre peut prendre un sens complètement différent selon l'artiste qui la façonne.


Marcus et Robert Foti, co-concepteurs du spectacle australien
Marcus et son oncle Robert Foti, co-concepteurs
(avec Fortunato Foti, absent) sdu spectacle australien

Mais avant de découvrir cette vision australienne, revenons un instant sur le spectacle américain.

Broadway jusqu’au dernier rappel

Passer après le Canada représentait un défi de taille. Quelques jours après la prestation mémorable de Royal Pyrotechnie, les États-Unis héritaient d'une tâche particulièrement délicate : succéder à un spectacle qui a profondément marqué les mémoires. Là où le Canada cherchait avant tout à émouvoir avec « On a tous un héros », les États-Unis favorisaient le divertissement, complètement collé à leur thème Broadwayesque, multipliant les tableaux colorés et les montées d'intensité.

Dimanche dernier, la firme californienne a élevé d’un cran son savoir-faire à plusieurs niveaux lorsqu’on la compare à sa dernière présence, il y a un an. Les effets occupaient pleinement l'espace, les couleurs étaient riches et la synchronisation avec la musique demeurait solide du début à la fin; musique qui s’est avérée beaucoup plus efficace que leur démonstration heavy-métal de 2025. La soirée aura toutefois été marquée par un événement pour le moins inhabituel.

Quand le spectacle prend feu

En début de spectacle, un incendie s'est déclaré sur le grand quai, provoquant l'allumage involontaire de plusieurs pièces pyrotechniques. Il fallait intervenir, le brasier ne cessait d’augmenter et les dommages s’intensifiaient. De mémoire jamais vu à Montréal, les artificiers locaux se sont amenés en bateau pour maîtriser la catastrophe naissante, pendant que le spectacle se poursuivait. Une intervention délicate qui s'est effectuée au moment où cette portion du site n'était pas utilisée par la séquence pyrotechnique. Malgré tout, plusieurs positions de tir ont été perdues pour le reste de la représentation, privant divers tableaux de la symétrie imaginée par le concepteur.

Au-delà de cet incident, c'est surtout la construction même du spectacle qui distingue la proposition américaine. Fidèle à une approche que l'on retrouve fréquemment chez les représentants des États-Unis, Le temps d'une nuit enchaînait les tableaux à un rythme effréné. Les chansons se succédaient presque sans interruption, laissant rarement au public le temps d'applaudir un segment particulièrement réussi avant que le suivant n'envahisse déjà le ciel.

La force... et les limites du rythme

Cette approche sert admirablement le thème retenu, privilégiant l'énergie, le spectacle et l'émerveillement immédiat. Comme Broadway. Toutefois, en gardant constamment le pied sur l'accélérateur pendant plus de vingt-cinq minutes, la proposition américaine a paradoxalement fini par atténuer son propre pouvoir de fascination. Lorsqu'il n'y a presque plus de temps pour savourer un tableau, chaque nouveau segment impressionne un peu moins que le précédent. C’est précisément là que la conception pyromusicale prend toute son importance.

Plus qu'un simple exercice de synchronisation entre les explosions et la musique, elle constitue le cœur d'un spectacle pyromusical. Les contrastes, les moments de silence et les changements de rythme font partie intégrante de cette écriture. Ils permettent à un tableau de laisser une empreinte avant que le suivant ne prenne le relais. Un rôle si essentiel qu'il représente, à lui seul, 30 % de la note finale accordée par le jury.

Toutefois, qu'on privilégie l'émotion, le spectaculaire ou le divertissement, chaque spectacle révèle avant tout la personnalité de son concepteur et c’est justement cette idée que l'Australie entend explorer avec Like a Version.

Revoyez le spectacle américain ici :

 

Like a Virgin ? Non. Like a Version !

 « Like a Version » est un titre difficile à traduire en français. Le communiqué de presse l'a rendu par « À notre façon », une formulation qui s'éloigne quelque peu de l'intention

La consonance qui se rapproche de Like a Virgin est voulue. Sans reprendre la célèbre chanson de Madonna dans la trame sonore, l’un des concepteurs, Robert Foti, explique le souhait de recréer cette impression de découverte. « Vous entendez quelque chose qui vous est familier, mais nous voulons vous donner l'impression de le découvrir pour la première fois. Il s'agit de jouer sur différentes versions de chansons, mais l'idée est de vivre l'expérience comme si c'était la première fois. Like a virgin ! » dit-il sourire aux commissures.

Aussi, Like a Version s’inspire d’un segment populaire à la radio australienne Triple J qui offre chaque vendredi matin depuis plus de vingt ans, des relectures de diverses chansons.  Foti Fireworks s’en est inspirée.

De plus, il ne s'agit pas simplement de proposer des reprises musicales, mais de montrer qu'une même création peut prendre un sens complètement différent selon celui qui l'interprète. L'exercice consiste à proposer une autre version, parfois inattendue, qui renouvelle complètement notre perception de la chanson. C'est précisément cette philosophie que la famille Foti souhaite transposer dans le ciel montréalais.

La bouleversante interprétation chorale de Creep par le collectif féminin Scala & Kolacny Brothers, la puissante relecture de Zombie de Rand-d ou encore celle de Sound of silence par Disturbed évoquent des émotions différentes rappelant qu'une même œuvre peut révéler des émotions complètement différentes selon l'artiste qui se l'approprie.

La pyrotechnie répond au même principe.

Les concepteurs peuvent disposer des mêmes familles d'effets, des mêmes calibres, des mêmes pièces pyrotechniques, pourtant, deux spectacles ne se ressembleront jamais. Pour Robert Foti, ce ne sont pas les feux d'artifice qui distinguent les concepteurs, mais bien leur regard sur ceux-ci. Les couleurs, les rythmes, la façon d'occuper l'espace ou de raconter une histoire révèlent inévitablement la sensibilité de ceux qui les imaginent.

Cette année, cette idée dépasse même le simple choix musical : le spectacle australien est le fruit d'une conception à six mains. Robert Foti, son frère Fortunato et leur neveu Marcus ont uni leurs visions autour d'une même création. Chacun a composé une partie du spectacle, mais l'objectif demeure que le public ne perçoive jamais où se termine la contribution de l'un et où commence celle de l'autre. « Nous ne voulons pas dire qui a conçu quoi, explique Robert. Même si chacun travaillait sur sa section, nous avons construit le spectacle comme une équipe. » Telle une grande reprise musicale, l'ensemble devra donner l'impression d'avoir été porté par une seule signature artistique.

Huit générations sous un même ciel

Cette collaboration intergénérationnelle n'a rien d'un hasard. Elle s'inscrit dans une histoire familiale qui traverse près de deux siècles.

Fondée en 1793 en Sicile, Foti Firworks en est aujourd'hui à sa huitième génération. Bien que l’un des trois concepteurs, Fortunato, le frère de Robert, soit resté en Australie, Montréal accueille cette semaine les deux autres frangins Tino et Robert et leurs fils Marcus, Samuel, et Salvatore.

Grand-papa Salvatore et petite-fille Georgia assisteront au spectacle à des milliers de kilomètres grâce à Internet en direct du pays des kangourous. Entre Salvatore grand-père et Marcus, plus de six décennies. Pourtant, tous contribuent encore à faire vivre une même passion. Cette transmission ne se limite pas à préserver un savoir-faire technique. Elle permet aussi de confronter différentes façons de concevoir un spectacle. L'expérience des anciens côtoie le regard des plus jeunes, chacun apportant ses références musicales, sa sensibilité artistique et sa manière d'utiliser le feu pour raconter une histoire.

Au fond, Like a Version ne décrit pas seulement une bande sonore. Il raconte aussi comment une tradition vieille de plus de deux siècles continue de se réinventer sans jamais renier ses origines.

« J'ai la chance d'avoir d'excellents professeurs » insiste le jeune Marcus.  « Ici, on peut réaliser des choses impossibles à faire dans la plupart des spectacles que nous présentons en Australie. Et la bande sonore rendait le travail encore plus agréable. C'étaient des chansons que j’avais envie de mettre en scène ».

Robert insiste toutefois sur un élément essentiel : un spectacle pyromusical ne se construit pas selon une formule. « Il doit y avoir de la lumière et de l'obscurité, des hauts et des bas. À un moment, on sent qu'il faut ralentir, puis relancer l'énergie. »

L'équipe aura d'ailleurs peaufiné son travail jusqu'au dernier moment. La sélection musicale aura nécessité près de trois semaines, avant d'être retravaillée à de nombreuses reprises. Marcus en sourit encore : « Nous avons probablement réalisé cinq versions de la bande sonore et onze versions du design... ce qui correspond finalement assez bien au thème du spectacle ! »

Le spectacle qui a failli ne jamais voir le jour

Quelques mois avant leur arrivée à Montréal, pourtant, tout semblait compromis. En mai dernier, une violente explosion en Chine a tout arrêté, la production, l’export, les douanes, tout. Tout comme Royal Pyrotechnie la semaine dernière, les conteneurs destinés aux spectacles montréalais en provenance de la Chine ne sont jamais partis.

Dans l'univers de la pyrotechnie, il n'existe parfois qu'une seule option : trouver une façon de présenter le spectacle, coûte que coûte. « On sait qu’il faut assurer la prestation, il n’y a pas de plan B, pas d’option consistant à ne pas le faire; l’événement doit avoir lieu. » insiste Robert.  Mais un vaste élan de solidarité s'est rapidement mis en place au sein de la communauté pyrotechnique américaine. « C’est aussi un témoignage de ce qu’est l’industrie des feux d’artifice, où chacun se surpasse pour apporter son aide. »

Des partenaires ont ouvert leurs propres inventaires afin de permettre aux Foti de reconstruire leur spectacle. Pour Robert, cet épisode illustre parfaitement la réalité d'un milieu où la compétition s'efface souvent devant la passion commune. Il tient à remercier sincèrement les familles Rozzi pour leur apport ainsi que ShowTime FX entre autres. Au-delà des trophées et des concours, dit-il en substance, les artificiers forment avant tout une grande famille prête à se soutenir lorsque les circonstances l'exigent.

Une ambition demeurée intacte

Malgré ces difficultés, les Australiens n'ont jamais renoncé à leurs ambitions.

Le spectacle comprendra 5 209 mises à feu, dont près de 2 400 mono-coups, utilisant des bombes aériennes allant jusqu'à huit pouces de diamètre. Derrière ces chiffres se cache surtout une volonté de préserver la richesse de la conception originale malgré les imprévus.  Marcus commente « Je dirais que la majeure partie de la palette de couleurs est restée assez fidèle à l'originale, mais que la nature de la conception a probablement changé à 80 % ». Alors que Robert commente qu’il est souvent plus difficile d’ajuster une conception que de recommencer à zéro, Marcus, du haut de ses 22 ans, y a vu une grande opportunité :  « Ce fut une véritable expérience d'apprentissage pour moi ! J'ai énormément appris et j'ai eu la chance de recevoir des conseils et des astuces; Mike Lutz [de Rozzi Famous Fireworks] m'a beaucoup appris au cours de ce processus. Je suis donc très reconnaissant pour l'aide que j'ai reçue. »

Reste maintenant à découvrir si cette rencontre entre plusieurs générations, plusieurs sensibilités et autant de regards artistiques une même création saura convaincre le jury. Après tout, si chaque spectacle révèle la personnalité de son concepteur, Like a Version propose un pari : faire en sorte que trois visions distinctes ne forment, le temps d'une soirée, qu'une seule oeuvre.



26 juillet 2026

Les États-Unis, du métal à Broadway

Les grands spectacles ne s'achèvent jamais avec la dernière bombe. Ils se prolongent dans les applaudissements, puis dans le silence du retour. Ils reviennent par fragments, au détour d'une image qui refuse de quitter notre mémoire ou d'une mélodie qui continue de résonner bien après la fin de la soirée. Puis, lentement, l'émotion laisse place à une autre forme d'émerveillement : les questions.

Comment cette immense fusée a-t-elle semblé s'élever vers le ciel jeudi dernier ? Une lecture de moniteur cardiaque en feu d’artifice ? Et ce « 50 » soulignant l’exploit de Cole Caufield qui est apparu avec une telle précision ? Les performances mémorables de l’IFLQ ont cette étrange capacité de continuer à vivre bien après leur dernière explosion. Royal en fait partie depuis plus de vingt ans en signant certaines des prestations les plus marquantes de l'histoire du concours.

Avant de découvrir « Le temps d’une nuit », la proposition américaine qui sera présentée ce soir par Pyro Spectaculars, un retour s'impose sur la prestation canadienne. Car certains feux ne se contentent pas d'illuminer une soirée. Ils laissent une empreinte.

Royal Pyrotechnie touche encore sa cible

Jeudi dernier, Montréal profitait d'une de ces magnifiques soirées estivales. Un vent soufflait toutefois, il n'était pas parfait. À quelques reprises, fumée et résidus sont venus atténuer certains tableaux. Mais les artificiers savent qu'un vent modéré demeure un bien meilleur allié qu'une absence complète de vent. Sans lui, la fumée aurait rapidement stagné au-dessus du site de tir, masquant progressivement une partie du spectacle. Les conditions étaient donc, dans l'ensemble, parmi les meilleures de cette 40e édition.

Avec « On a tous un héros », la firme québécoise ne proposait pas uniquement un enchaînement d'effets spectaculaires. Elle racontait une histoire. Une histoire où les héros ne portaient pas tous une cape, mais où chacun pouvait reconnaître un visage, un souvenir ou une émotion. L'une des grandes réussites de Royal Pyrotechnie résidait également dans la construction de sa trame sonore. Loin de se limiter à une succession de chansons, elle tissait un véritable fil narratif où s'entremêlaient musiques, extraits de films, commentaires sportifs et courtes interventions parlées. Chaque segment était introduit avec suffisamment de contexte pour que le spectateur comprenne immédiatement où le spectacle souhaitait l'entraîner, sans jamais nous en sortir. Une approche délicate à équilibrer, Royal a bien dosé.

Techniquement, la prestation impressionnait. Les quelque 7 000 signaux de mise à feu ont donné naissance à une succession de tableaux d'une précision remarquable, d'une incroyable diversité et soutenus par une synchronisation musicale exemplaire. Bien sûr, une poignée d'angles récalcitrants et de produits capricieux sont venus rappeler qu'une production d'une telle ampleur ne peut jamais atteindre la perfection absolue. Mais ces rares imperfections ont paru bien modestes devant l'ensemble de l'œuvre.

Car ce spectacle ne restera pas dans les mémoires parce qu'il était complexe. Il y restera parce qu'il faisait ressentir quelque chose. C'est la plus grande force de Royal Pyrotechnie. En 2009, avec « Voilà ! », l'entreprise québécoise avait remporté le Jupiter d'or en réussissant à faire rire tout un public grâce à un feu alliant humour et fantaisie. Cette fois-ci, les rires ont encore fusé, mais pour plusieurs spectateurs, les larmes ont roulé.

Quand un feu devient un souvenir

Tous les concepteurs peuvent fabriquer de beaux tableaux. Mais peu réussissent à créer des souvenirs. C'est sans doute ce qui distingue les spectacles mémorables des très bons spectacles. Les premiers continuent de vivre longtemps après leur dernière bombe. C'est précisément pourquoi la prestation canadienne mérite un deuxième visionnement, et pourquoi pas un troisième. Non pas parce qu'elle était difficile à comprendre. Mais parce qu'elle était suffisamment riche pour révéler de nouveaux détails à chaque regard : 

 

Pénultième compétiteur : Les États-Unis

Après avoir laissé le Québec célébrer ses héros, l'International des Feux Loto-Québec accueille maintenant les États-Unis. Avec plus de 120 ans d'histoire, Pyro Spectaculars compte parmi les plus anciennes entreprises pyrotechniques d'Amérique du Nord. Fondée en 1906 par Manuel Souza, elle est aujourd'hui l'une des grandes dynasties américaines de la pyrotechnie. Toujours dirigée par la famille Souza – on accueille entre autres cette semaine le papa James, ses fils Christopher et Paul, et sa belle-fille Vanessa - l'entreprise signe chaque année des milliers de spectacles, dont plusieurs des plus prestigieuses célébrations du 4 juillet aux États-Unis, en plus d'avoir participé à de nombreux Jeux olympiques, Super Bowls et Séries mondiales. À Montréal, elle est également une habituée des grands rendez-vous de La Ronde, où elle revient un an seulement après «Légendes du métal » avec une proposition résolument différente.

Paul Souza, et son fils Paul

Place à Broadway

Avec « Le temps d'une nuit », Pyro Spectaculars entraînera les spectateurs au cœur de Broadway, à travers près de 90 ans de théâtre musical. De Porgy and Bess, présenté en 1935, jusqu'à Dead Outlaw, qui a fait ses débuts à Broadway l'an dernier, la bande sonore fera voyager le public d'une époque à l'autre, du jazz au hip-hop, en passant par le swing, le rock'n'roll, la soul, les rythmes latins et les influences africaines. Pourtant, ce thème a bien failli ne jamais voir le jour.

« J'ai été bloqué pendant des mois », nous a confié le concepteur Paul Souza. Après le spectacle présenté l'an dernier, le designer américain voulait proposer un feu capable de rejoindre un public encore plus large. Grand amateur de musique métal, il admet aujourd'hui que la trame sonore de 2025, aussi efficace eût-elle été à ses yeux, n'avait peut-être pas suscité le même enthousiasme chez tous les spectateurs.

« Je cherchais quelque chose qui représente les États-Unis, mais qui puisse aussi créer un lien avec des gens de tous les âges et de tous les horizons », explique-t-il.

Plusieurs idées ont été abandonnées en cours de route. Un voyage musical à travers les différents États américains lui semblait trop prévisible. Même un hommage au groupe Grateful Dead, son premier choix personnel, a finalement été écarté. « Si vous [moi !] ne connaissez pas ce groupe, c'est exactement la raison pour laquelle je ne l'ai pas retenu », lance-t-il en riant. C'est finalement Broadway qui s'est imposé. Parce que, selon lui, chacun connaît au moins quelques chansons issues des grandes comédies musicales.

Une soirée... comme au théâtre

Pour Paul Souza, Broadway ne représente pas un style musical, mais un univers où cohabitent une multitude d'influences. Cette diversité lui a permis de construire son spectacle comme une véritable soirée au théâtre, avec une ouverture, une montée dramatique, un entracte... puis une deuxième partie culminant vers une grande finale. Même la séquence laser s'inscrit dans cette mise en scène. « Je la traite comme l'entracte de mon spectacle de Broadway », explique-t-il. Chaque tableau aura sa propre finale. 

Pendant des mois, le concepteur a vécu au rythme de cette bande sonore. Il en a choisi chacune des pièces, réalisé tous les montages musicaux et assuré lui-même l'édition de la trame sonore qui lui aura demandé environ 8 jours. « Je vis avec cette musique depuis tellement longtemps que j'en rêve encore ». Cette connaissance du détail se reflète également dans le choix des artifices. Les produits qui illumineront le ciel montréalais proviennent du Japon, de l'Italie, du Portugal, de l'Espagne, de la Chine et des États-Unis. Paul Souza connaît d'ailleurs particulièrement bien cet inventaire. Depuis une vingtaine d'années, c'est lui qui est responsable des commandes de produits pyrotechniques pour Pyro Spectaculars. Assurément, sa connaissance des produits et de la musique (il aime tous les genres et gratte la guitare) font partie de ses plus grandes forces. Cette diversité de fournisseurs promet une vaste parlette d'effets pyrotechniques ». Au total, près de 4 300 signaux de mise à feu et environ 1 400 mono-coups seront nécessaires pour donner vie à « Le temps d'une nuit ». Parmi ces milliers de produits qui seront tirés ce soir figure une seule bombe de 12 pouces fabriquée aux États-Unis. Saurez-vous la repérer ?

Moments attendus

Parmi les tableaux qu'il attend avec le plus d'impatience figure My Shot, de Hamilton, qui précède immédiatement l'entracte laser. Il évoque également Blowing It Up, tiré de la toute récente comédie musicale Dead Outlaw, qui viendra tout de suite après le segment laser. Sans doute la moins connue de toute la sélection, cette œuvre contemporaine occupera néanmoins une place de choix dans le spectacle, notamment grâce à une roue pyrotechnique spécialement construite pour accompagner cette séquence.

Après une prestation canadienne marquée par l'émotion, les États-Unis miseront donc sur un tout autre langage : celui des planches de Broadway, où chaque chanson raconte une histoire et où chaque tableau cherche à transporter le public dans un nouvel univers.

 

Trame sonore de « Le temps d'une nuit » de la firme Pyro Spectaculars des États-Unis : 

23 juillet 2026

Les héros du Canada !

Trois pays ont déjà laissé leur empreinte dans le ciel montréalais. Trois autres s’apprêtent maintenant à écrire leur chapitre. Jeudi, le Canada entre en scène avec Royal Pyrotechnie et une proposition qui promet de parler autant au cœur qu’aux yeux.

Les artificiers posent avec les plus gros calibre, des bombes de 12'' (300mm)
Crédit : Royal Pyrotechnie

Mais avant de découvrir On a tous un héros, un regard s’impose sur la prestation de la Chine, dernier pays à avoir illuminé le ciel de La Ronde.

La Chine : la force de la technique

Les conditions étaient presque idéales pour Sunny Fireworks. Un ciel parfaitement dégagé a accompagné l’ensemble de la soirée. Seul un vent soufflant vers les gradins et le pont Jacques-Cartier est venu transporter fumée et résidus vers les spectateurs, atténuant par moments la richesse de certains tableaux sans toutefois masquer le spectacle.

Pour sa septième participation montréalaise, la firme chinoise a confirmé sa réputation de grande technicienne. Déjà lauréate d’un Jupiter d’or (1992), d’un Jupiter d’argent (1993) et d’un Jupiter de bronze (2008), Sunny Fireworks a livré une démonstration d’une remarquable précision.

Les erreurs de branchement ou d’angles de tir étaient pratiquement inexistantes. Les différents modèles de tirs, la largeur des tableaux, la qualité des produits utilisés et l’impressionnante densité d’effets témoignaient d’une préparation méticuleuse. Sur le plan technique, difficile de trouver de véritables failles.

Artistiquement, toutefois, l’expérience se révélait plus nuancée.

En privilégiant une intensité presque constante et une abondance d’effets, Sunny Fireworks a impressionné par sa virtuosité technique, au détriment des respirations nécessaires pour laisser les émotions s’installer. Comme une grande œuvre musicale, un spectacle pyrotechnique gagne souvent à alterner les moments de puissance et les passages plus retenus afin de permettre au rythme de reprendre son souffle avant d’entraîner le spectateur vers un nouveau crescendo.

Les séquences plus contemplatives, notamment sur You Raise Me Up et The World’s Gift to Me, figuraient d’ailleurs parmi les plus marquantes de la soirée. Elles démontraient tout le potentiel émotionnel de la proposition chinoise lorsqu’elle acceptait de ralentir le tempo. À l’inverse, le bouquet final, bien qu’efficace, donnait l’impression de refermer le récit plus rapidement qu’attendu.

La Chine aura donc livré une prestation d’une grande maîtrise technique, où la précision et la richesse des tableaux auront marqué les esprits, laissant toutefois davantage place à l’émerveillement visuel qu’à l’abandon émotionnel.

Voyez le spectacle de la Chine ici : 

Trouver son héros

Avec ‘On a tous un héros’ la firme canadienne Royal Pyrotechnie propose un spectacle pyrotechnique où l’imaginaire, le dépassement de soi, le courage et l’espoir se rencontrent à travers quatre actes

Tout d’abord, les superhéros. Difficile de passer outre : l’ouverture sera résolument hollywoodienne. Le deuxième acte se tourne ensuite vers les héros de performance. Ceux qui repoussent leurs limites et inspirent par leur persévérance. Un passage qui prendra certainement une résonance particulière auprès du public montréalais avec Fix You, devenue au fil des années une chanson associée aux entrées du Canadien de Montréal au Centre Bell. Après une saison qui aura fait vibrer toute une ville, l’univers sportif s’intègre naturellement dans ce récit collectif.

Puis vient le troisième acte. Celui des héros silencieux. Ceux qui ne portent pas de cape et qui ne montent pas sur un podium, mais qui transforment – certains à plus grande échelle, d’autres au quotidien, la vie des autres : les astronautes, les pompiers, les enseignants, les professionnels de la santé, et tous ceux dont les gestes parfois discrets deviennent extraordinaires aux yeux de ceux qu’ils touchent.

Enfin, le dernier acte ramène le regard vers chacun de nous. Il y a des héros qui portent une cape. D’autres un casque. D’autres encore un uniforme. Et puis il y a ceux qui passent inaperçus. Ceux qui soutiennent, accompagnent, encouragent et changent une vie sans jamais chercher la lumière. Car derrière cette proposition se cache une question simple, mais universelle : qui est votre héros?

« Mon superhéros quand j'étais jeune, c'était Batman. Je trouvais que c'était celui qui était le plus proche de nous. Il n'avait pas vraiment de super pouvoirs », raconte le vice-président et co-concepteur Éric Fréchette. Un superhéros qui avance grâce à sa volonté, son courage et sa détermination. « On ne le voyait jamais, il était dans le noir. On se faisait l’image qu’on voulait.  Je trouve que c’est celui qui se rapproche le plus d’un feu d’artifice : je te mets une émotion, un feu d’artifice, mais je ne te mets rien de défini. C’est toi, à la fin, qui décides comment tu le vois. »

C’est toute la philosophie derrière On a tous un héros. Le spectacle ne cherche pas à imposer une seule définition de l’héroïsme. Il souhaite plutôt permettre à chacun d’y projeter sa propre histoire. Puis le regard change avec les années. « Batman n'est plus mon héros aujourd'hui; c’est ma femme. »

C'est précisément cette évolution que souhaite raconter Royal Pyrotechnie : celle d'un enfant fasciné par les héros imaginaires, d'un adulte inspiré par les héros de performance, avant de reconnaître finalement les héros bien réels qui l'entourent.

Une trame sonore aux mille visages

À première vue, la bande sonore surprend par sa diversité. On y passe de la musique symphonique de John Williams et Hans Zimmer au rock puissant de Led Zeppelin, AC/DC et Aerosmith. S'ajoutent la pop de Céline Dion et Coldplay, les accents world de K'naan, la musique dance de David Guetta ainsi que les grandes envolées orchestrales d'Audiomachine et Two Steps From Hell !!!

Un mélange qui pourrait sembler improbable. Mais… « Il y a plusieurs styles de héros », résume simplement Éric Fréchette. Cette diversité musicale devient alors le reflet de la diversité des parcours racontés pendant le spectacle.

Le choix des pièces n’est pas né d’une simple volonté d’aligner des chansons populaires. Avant même de parler de musique, l’équipe de création a défini les émotions à transmettre. « On commence toujours par donner à nos concepteurs musicaux le genre de rythme qu’on veut, l’émotion qu’on veut dégager, puis quel genre de beat ou de narration. »  À partir de cette vision, les Dj Carl Müren et Christian Alary, qui collaborent avec la firme de St-Pie depuis environ une dizaine d’années, ont façonné les segments plus contemporains tandis que Serge Péloquin, autrefois directeur artistique chez Royal Pyrotechnie, a apporté sa sensibilité orchestrale. Un travail qui aura demandé près de deux mois.

La musique devient ainsi la colonne vertébrale du spectacle. Elle ne suit pas les artifices : elle guide le récit. Pour profiter pleinement de cette expérience, les spectateurs à l'extérieur de La Ronde auront tout intérêt à se trouver à proximité d'une diffusion de la bande sonore. Un spectacle de compétition ne se regarde pas seulement : il s'écoute.

De grandes ambitions

On a tous un héros cache également un imposant défi technique.

Pour cette quatrième participation au concours montréalais, Royal Pyrotechnie déploiera un arsenal à la hauteur de ses ambitions : 7 000 signaux de tir, 4 200 mono-coups, 23 plateformes installées sur le lac, et… 15 bombes de calibre maximal !  C’est résolument le spectacle le plus ambitieux sur papier depuis la Hongrie.

En plus de deux formes – qu’on vous garde secrète – qui s’illumineront pour les spectateurs de La Ronde, un autre élément qui attirera certainement les regards sera suspendu à environ 150 pieds dans les airs grâce à une grue. Une structure qui permettra aux artifices d’éclater dans toutes les directions, offrant une nouvelle perspective au spectateur et transformant le ciel en véritable scène tridimensionnelle. « On a une grue, 23 quais, 7000 cues, on ose, c’est sûr que c’est épeurant, mais on a tout mis en notre faveur » explique Éric Fréchette.

Autant le plan de match global que les plans détaillés imprimés sont clairs pour tout le monde. Chaque détail technique a été pensé afin que la mécanique demeure invisible aux yeux du public incluant les branchements-réseau, qui devraient faire le travail en cas de pépin pour qu’on n’y voit… que du feu !

Environ 85 % des artifices proviennent de leur propre ligne Dancing fabriquée en Chine, auxquels s’ajoutent des produits de Panzera en Italie, Igual, Caballer et Zaragozana en Espagne, Yung Feng de Taïwan. Au total, des milliers de pièces qui devront toutes servir un même objectif : raconter une histoire. Car même avec toute cette technologie, la philosophie demeure la même. La technique impressionne, mais c’est l’émotion qui demeure.

Une histoire de transmission

Au-delà du spectacle canadien lui-même, cette 4e participation de Royal Pyrotechnie en compétition raconte aussi une autre histoire. Celle d'une entreprise qui célèbre ses 60 ans. Celle d'une équipe qui prépare déjà l'avenir.

Le papa fondateur Jean-Pierre Roy est toujours présent. Son fils Yanick signe la conception en collaboration avec Éric Frechette, mais a volontairement laissé Éric guider les opérations sur le terrain cette semaine. Sur les rampes de lancement, Lohan - le fils de Yanick - découvre à son tour les coulisses de la compétition montréalaise. Une véritable passation.

« C'est un processus », répète Éric Fréchette à plusieurs reprises au cours de l'entretien. Ce processus se retrouve autant dans la création artistique que dans l'évolution de l'entreprise. Derrière ce nouveau spectacle à La Ronde se cache aussi l’histoire d’une entreprise qui prépare son avenir.

« On a engagé du monde, on a formé une équipe. Aujourd'hui, on est capables de faire Montréal tout en poursuivant nos autres activités. Lohan est ici. Yanick n'est pas là. C'est important que tout le monde comprenne où on s'en va. »

La trame sonore reflète aussi cette volonté de transmission, fruit d'un travail collectif réunissant plusieurs générations de créateurs.  

De son côté, Yanick Roy garde un souvenir bien vivant de sa première participation à Montréal en 2003. « Mon premier gros show à 29 ans! Toute une expérience! J'avais travaillé à La Ronde à 18-20 ans, alors que Paul Csukassy, [NDLR l’actuel directeur technique de l’IFLQ à l’aube de la retraite] conduisait des camions ! Neuf ans plus tard, je me retrouvais sur le podium. »

Fondée en 1966, Royal Pyrotechnie arrive à Montréal avec un parcours qui force le respect. Première firme canadienne à remporter un Jupiter d’Or à l’International des Feux Loto-Québec, l’entreprise demeure encore aujourd’hui la seule firme canadienne à avoir remporté trois fois cette prestigieuse récompense, lors de ses trois participations au concours, en 2003, 2009 et 2014 (en collaboration avec une firme de l’Alberta).

À ce palmarès s’ajoute également le prix de la meilleure trame sonore obtenu en 2009.

Alors pourquoi revenir avec déjà tous ces prix en banque ?  Il semble que même en 2026, la motivation demeure intacte : « Je suis compétitif » dit Yanick sourire en coin. « J’ai évolué, Éric a évolué, toute l’entreprise a évolué ! Et les gens me demandaient souvent de revenir… ».   Mais au-delà des trophées, une conviction guide toujours son travail. « Ce que j'ai appris à Montréal ? Donner du plaisir au public. Aller chercher le côté émotif de tout le monde. »

 

Lohan Roy, 18 ans, et Éric Fréchette

Le héros que chacun porte

Sans se consulter, Yanick arrive exactement à la même conclusion qu’Éric :  ‘Mon héroïne, c’est ma femme d’amour. Toujours là pour moi, pour les enfants. Elle s’occupe de tout son monde, sans oublier notre chien Luke’ conclut-il en riant Dans un climat social où certains discours masculins continuent malheureusement de dévaloriser les femmes, entendre deux hommes reconnus dans leur milieu parler avec autant de simplicité et de fierté de celle qui les accompagne offre un contraste particulièrement lumineux. Ce choix rappelle que l’héroïsme se trouve aussi dans la présence, le soutien et les gestes du quotidien.

Finalement, c’est peut-être là toute la force de On a tous un héros.

Le spectacle ne cherche pas seulement à montrer des héros. Il cherche à nous faire réfléchir à ceux qui nous entourent. À ceux qui nous inspirent. À ceux qui nous accompagnent. Et peut-être, au terme de cette grande fresque pyrotechnique, à reconnaître que le héros que nous cherchions depuis le début était peut-être déjà là.

Tout près.

En nous.

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Trame sonore de 'On a tous un héros' de la firme Royal Pyrotechnie du Canada : 



16 juillet 2026

La Chine célèbre les générations !

Après une prestation magistrale de l’Italie qui a placé la barre très haut, la Chine entre à son tour dans la compétition de l’International des Feux Loto-Québec. Avec Sunny Fireworks, une firme déjà trois fois récompensée à Montréal, le public découvrira « Un monde, une infinité d’étincelles », un spectacle où la musique traverse les décennies pour réunir les générations sous le ciel de La Ronde.

L'équipe de Sunny Fireworks de la Chine

Bellissima Italia !

Après deux soirées marquées par des conditions météorologiques particulièrement difficiles, l’International des Feux Loto-Québec a retrouvé dimanche dernier toute sa splendeur avec une magnifique journée d’été offrant des conditions idéales pour les spectateurs.

La firme Gianni Vaccalluzzo SRL by Zio Piro a offert alors une démonstration de grande maîtrise artistique et technique. L’Italie a rapidement séduit par la richesse de ses couleurs, la puissance de ses effets et une conception qui a continué de gagner en finesse au fil du spectacle.

La construction du spectacle s’est révélée être un véritable crescendo. Les premières minutes laissaient une impression plus mesurée; suivant une très longue narration, le rythme d’ouverture était plus posé et certaines séquences semblaient reprendre des idées similaires. Mais au fil des minutes, la conception s’est raffinée, les tableaux se sont enrichis et l’ensemble a atteint une intensité remarquable.

Parmi les points forts : les produits. Outre les mines et les bombes à variations de couleurs d’une grande beauté, la richesse chromatique était dans l’ensemble, remarquable. La puissance des chandelles et des mono-coups, utilisés avec générosité, impressionnait. Ces explosions imposantes et parfaitement dessinées dans le ciel, ont donné au spectacle une signature de grandeur qui a marqué plusieurs observateurs. Toutefois, lorsqu’utilisées en même temps que les bombes aériennes, ces dernières semblaient perdre de leur ampleur.

La synchronisation entre la musique et les effets pyrotechniques fut également l’une des grandes réussites de la Botte. Chaque séquence semblait parfaitement maîtrisée, avec une progression qui menait naturellement vers une finale retentissante. Un seul moment a semblé moins naturel dans la proposition italienne : le segment consacré à Queen. Bien que l’intention de créer un pont entre l’Italie et la scène internationale soit intéressante, cette portion musicale semblait moins harmonieuse avec l’identité générale du spectacle.

Une réserve qui demeure mineure devant une prestation d’une grande qualité artistique, mais qui pourrait lui faire perdre quelques points sur la feuille de pointage, tout comme certaines erreurs techniques. Avec une finale d’une puissance exceptionnelle et parfaitement orchestrée, Gianni Vaccalluzzo SRL by Zio Piro a signé une performance qui la place déjà parmi les sérieux prétendants aux trophées Jupiter. La compétition est cependant loin d’être terminée…

Revoyez le spectacle italien ici :

Sunny Fireworks : un retour attendu à Montréal

Pour sa septième participation à l’IFLQ, la firme chinoise Sunny Fireworks retrouve une scène qu’elle connaît bien. C’est d’ailleurs l’une des formations les plus expérimentées en sol montréalais - avec la firme canadienne à venir la semaine prochaine – parmi les concurrents de cette édition.

La firme chinoise n’avait pas présenté de spectacle à Montréal depuis 2008, année où elle a remporté le Jupiter de bronze avec sa création devenue mémorable, « À la vie, à l'amour ! », inspirée de la légende des amants papillons. Ce retour s’inscrit dans une riche histoire avec le concours montréalais. Sunny avait auparavant décroché le Jupiter d’or en 1992 ainsi que le Jupiter d’argent l'année suivante.

Pour son retour à Montréal, elle mise sur un langage universel que toutes les générations peuvent comprendre : celui de la musique, de la lumière et de l’émotion; une rencontre entre les cultures et les époques.

Une musique pour toutes les générations

Le thème choisi « Un monde, une infinité d’étincelles », célèbre l’idée que les feux d’artifice peuvent rassembler les peuples, peu importe leur origine ou leur culture. La trame sonore s’harmonise avec cette philosophie en traversant près de huit décennies de musique, dans le désordre. Chaque pièce a été minutieusement choisie afin de refléter l’esprit et les aspirations de son époque et de rejoindre une génération en particulier.

Le voyage commence d’ailleurs par « The Yellow River Piano Concerto », une œuvre chinoise emblématique qui ancre le spectacle dans les racines culturelles de la firme avant de s’ouvrir au répertoire international. Cette pièce extrêmement rythmique laisse présager une grande ouverture.

Puis, de l’énergie festive de l'après-guerre et du rock’n’roll naissant avec « Reet Petite » de Jackie Wilson, dans les années 1950, à la force collective de « We Will Rock You » créée par Queen en 1977, le parcours musical évoque autant la joie que le rassemblement. Les années 1980 apportent l’élan de dépassement d’« Eye of the Tiger » , alors que « You Raise Me Up » et « Up Is Down » prolongent le voyage vers l’entraide et l’aventure des années 2000. Au cœur de cette traversée, « The World’s Gift to Me » de la chanteuse chinoise Faye Wong offre toutefois un moment plus intime et contemplatif, rappelant que les émotions humaines ne se vivent pas uniquement dans la grandeur collective, mais aussi dans la douceur et la gratitude. Enfin, les sonorités plus contemporaines de « Horizon » d’Ahxello et de « For the Win » de Thomas Bergersen & Two Steps From Hell ouvrent la porte vers l’avenir et une finale empreinte de grandeur.

Cette sélection saura rejoindre toutes les générations de spectateurs réunis à La Ronde, sur le Pont Jacques-Cartier et un peu partout autour du parc d’attractions. Des grands-parents aux plus jeunes amateurs de musique actuelle, chacun pourra trouver un repère familier dans cette traversée musicale.

La précision au service de l’émotion

À l’image de l’Italie, Sunny Fireworks utilisera son propre système de tir électronique, permettant à la firme de travailler avec une technologie qu’elle maîtrise et d’assurer un contrôle précis de chaque position de lancement. Une approche qui a démontré son efficacité dimanche dernier.

Le spectacle comprendra précisément 4 732 signaux de tir, dont plus de 2 500 mono-coups. Une importante quantité qui laisse présager une conception riche en détails et en changements de rythme, en harmonie avec les différents styles musicaux. Les plus grosses bombes prévues auront un diamètre de 8 pouces, malgré la possibilité d’utiliser un calibre maximal de 12 pouces. L'importation de ces pièces pyrotechniques demeure complexe.

Clin d’œil à la métropole

Finalement, deux narrations spécialement conçues pour le 40e anniversaire de l’IFLQ viendront également accompagner le spectacle, rendant hommage à Montréal et à quatre décennies de magie pyrotechnique. « Montréal, c’est le niveau suprême de compétition pyrotechnique dans le monde ! » précise la conceptrice Fang Ying Li.

Les boîtes ont été spécialement identifiées avec la mention M40,
pour le 40e anniversaire de la compétition

À cet effet, on pourrait bien voir des bombes dites bonhomme-sourire se transformer en « M » pour Montréal !

Sunny Fireworks possède déjà un riche passé à Montréal et revient avec une proposition rassembleuse, construite autour d’une idée simple : les étincelles peuvent unir les générations.

Reste plus qu’à découvrir si « Un monde, une infinité d’étincelles » permettra à la Chine de rejoindre les grandes performances de cette 40e édition et de s’inscrire à nouveau parmi les favoris pour un trophée Jupiter.

Jeudi soir, le ciel de La Ronde donnera la réponse.

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Bande sonore de "Un monde, une infinité d'étincelles" de la firme chinoise Sunny Fireworks :



12 juillet 2026

L’Italie transforme le ciel en symphonie !

Avec la présentation de « Les Échos du feu – Symphonie sicilienne », l’Italie présente un spectacle qui place la musique au cœur de son récit pyrotechnique. Présentée par Gianni Vaccalluzzo SRL by Zio Piro, cette création puise dans plus de 70 ans d’histoire familiale pour proposer un voyage entre le riche patrimoine musical italien et certains des grands artistes qui ont marqué la scène internationale.

Revenons toutefois sur le premier rendez-vous de cette édition 2026 de l’International des Feux Loto-Québec, alors que la Hongrie a ouvert la compétition avec « Montagnes russes d’émotions » jeudi dernier.

Une prestation solide malgré les imprévus

Cette fois-ci, Jupiter, dieu du ciel et de la foudre, avait manifestement d’autres préoccupations que de nous protéger. Pour la première fois depuis très longtemps, un spectacle de l’IFLQ aura été accompagné par la pluie du début à la fin. Cela n’a pourtant pas empêché des milliers de spectateurs de répondre présents. Imperméables, parapluies et bonne humeur étaient au rendez-vous pour accueillir la Hongrie, première nation en compétition cette année, et découvrir sa façon unique de raconter une histoire… en lumière, en couleurs et en explosions.

Les conditions météorologiques étaient loin d’être idéales. L’humidité ambiante et le plafond nuageux ont limité la dispersion de la fumée, réduisant parfois la clarté de certains tableaux. Heureusement, un léger vent est venu jouer en faveur des artificiers, permettant au spectacle de conserver une bonne partie de son impact visuel.

À ces défis naturels se sont ajoutés des problèmes techniques qui continuent de faire réfléchir l’organisation. Pour une deuxième semaine consécutive, la moitié droite du site de tir a connu certaines défaillances. Pourtant, tous les tests effectués avant le début du spectacle avaient été concluants et aucun indice ne permettait de prévoir ces anomalies. Le mystère demeure donc entier.

Ces problèmes ont malheureusement privé certains tableaux de la symétrie recherchée par les concepteurs, alors que d’autres angles imprécis ont gêné un rendu absolu. Dans une compétition où chaque détail compte, ces quelques absences ont empêché la Hongrie d’atteindre une exécution qui aurait pu être encore plus près de la perfection.

Cela dit, la firme Nuvu Kft. peut certainement être fière de sa prestation et repartir la tête haute. « Montagnes russes d’émotions » a démontré une excellente maîtrise de l’art pyromusical. La qualité des pièces, la diversité des formes et la richesse des couleurs figurent parmi les grandes forces du spectacle. La synchronisation avec la musique était également remarquable, plusieurs effets semblant véritablement dialoguer avec la trame sonore.

La conception générale témoignait d’une volonté claire d’exploiter toute l’ampleur du site de La Ronde, avec des tirs larges, hauts et généreux. Quelques éléments auraient toutefois pu être mieux intégrés, notamment la tour qui n’a pas eu l’impact souhaité dans l’ensemble de son tableau.

Au final, la Hongrie a présenté un spectacle ambitieux et de grande qualité, malheureusement amputé de quelques éléments qui l’éloignent d’une prestation parfaite. Dans une édition qui s’annonce particulièrement relevée, ces détails pourraient éventuellement avoir leur importance.

Voyez le spectacle hongrois ici.

Vaccalluzzo : Une famille où le feu se transmet depuis 1950

Le prochain rendez-vous nous transporte maintenant en Sicile, au cœur d’une famille pour qui la pyrotechnie n’est pas simplement un métier, mais une véritable identité.

L'équipe italienne, regard posé vers le drapeau Il tricolore

L’histoire des Vaccalluzzo dans le monde des feux d’artifice remonte à 1950. Depuis plus de sept décennies, cette famille italienne perpétue un savoir-faire transmis de génération en génération, alliant tradition, fabrication artisanale et recherche artistique.

Les amateurs de l’IFLQ connaissent déjà le nom Vaccalluzzo; une autre branche de cette grande famille avait d’ailleurs remporté le Jupiter de bronze en 2012. L’équipe qui se présente cette année à Montréal évolue sous la bannière : Gianni Vaccalluzzo SRL by Zio Piro, une division consacrée aux grands spectacles pyromusicaux créée au début des années 2000.

Toutes les branches de la famille demeurent néanmoins liées par un même héritage : les produits utilisés dans leurs spectacles proviennent de leur propre manufacture familiale, où sont fabriqués les artifices selon des méthodes traditionnelles italiennes.

Lors de notre rencontre avec le fils de Gianni, Alessio, concepteur du spectacle, sa sœur Giulia et l’artificier Matthew Ullul - qui a grandement aidé à traduire les propos de la fratrie - une chose était évidente : chez les Vaccalluzzo, la poudre noire fait partie de l’ADN familial. Ils fabriquent d'ailleurs cette poudre pour l'ensemble de l'Italie !

L’entreprise réalise aujourd’hui plus de 200 grands spectacles par année, tout en continuant à préserver les techniques qui ont bâti sa réputation. Pour cette présentation montréalaise, seule une poignée d'artifices n’a pas été fabriquée spécialement pour le spectacle.

Quand les feux deviennent un instrument de musique

La grande particularité de la proposition italienne réside dans sa relation avec la musique.

Giulia Vaccalluzzo explique : « Pour nous, la musique n’est pas simplement quelque chose derrière les feux d’artifice. C’est une composante essentielle du spectacle. Nous essayons d’interpréter chaque chanson à travers les couleurs, les formes et l’intensité des effets pyrotechniques. C’est presque comme si les feux devenaient un autre instrument dans l’orchestre. Nous ne voulons pas seulement que le public regarde le spectacle, nous voulons qu’il le ressente. »

Cette philosophie se retrouve au cœur de la conception imaginée en deux grands mouvements. La première partie rend hommage à la grande tradition musicale italienne, avec des œuvres qui ont traversé les frontières et les générations. Difficile d’imaginer un public montréalais qui ne reconnaîtra pas ces mélodies devenues universelles.

Les premières notes de Cinema Paradiso d’Ennio Morricone, l’intensité de The Ecstasy of Gold, l’immortel Nessun Dorma interprété par Luciano Pavarotti, l’énergie de Funiculì Funiculà ou encore l’émotion de Con te partirò d’Andrea Bocelli font partie de ces œuvres qui ont contribué à façonner l'identité musicale de l’Italie dans le monde entier.

Après cette plongée dans l’héritage italien, le spectacle changera de direction avec une transition portée par Only Time d’Enya - soutenue par le segment laser - avant d’ouvrir la porte à la musique internationale.

La deuxième partie rendra hommage à des artistes devenus des symboles universels d’énergie, de liberté et de passion, notamment avec un grand moment consacré à Queen et ses incontournables Bohemian Rhapsody, Don’t Stop Me Now, Somebody to Love, We Will Rock You et The Show Must Go On.

Colori. Potenza. Eleganza.

Lorsque l’on demande aux Vaccalluzzo de résumer leur création en quelques mots, la réponse arrive naturellement : « Colori. Potenza. Eleganza. ». Couleurs. Puissance. Élégance. Trois mots qui résument la vision artistique de la firme sicilienne.

Une petite partie des milliers de mono-coups

Techniquement, la console de tir gérera plus de 5 000 commandes de tir incluant plus de 3 000 pièces individuelles et huit bombes de 300mm. Le tout savamment dispersé sur les différentes positions de lancement disponibles, incluant les plateformes flottantes.

Mais au-delà des chiffres, c’est surtout une philosophie artistique qui se dégage de cette rencontre. Les Vaccalluzzo ne parlent pas uniquement d’artifices, de calibres ou de puissance de feu. Ils parlent de tradition, de musique et d’émotion.

C’est maintenant au ciel de Montréal de donner sa propre réponse. Après avoir traversé les grandes mélodies italiennes, les classiques internationaux et plus de 70 ans d’histoire familiale, « Les Échos du feu – Symphonie sicilienne » tentera de transformer le ciel en une immense scène où la lumière, les couleurs et la musique ne feront plus qu’un.

Reste plus qu’à découvrir comment Alessio Vaccalluzzo traduira cette imposante partition musicale dans le ciel de Montréal. Une chose est certaine : ce soir, l’Italie apportera avec elle bien plus que des artifices. Elle apportera une histoire, une tradition, un savoir-faire qui traversent les générations.

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Bande sonore de Les échos du feu : symphonie sicilienne de la firme italienne Gianni Vaccalluzzo SRL by Zio Piro :

9 juillet 2026

La Hongrie promet une montagne russe d’émotions !

Le coup d’envoi de la 40e édition de l’International des Feux Loto-Québec aura été à l’image de l’événement lui-même : spectaculaire, imprévisible et chargé d’émotions.

Avant même la première explosion, le feu d’ouverture présenté jeudi dernier par GFA Pyro aura traversé sa propre tempête. Quelques heures avant la représentation, Dame Nature s’est soulevée.

Le passage d’orages violents sur la grande région de Montréal a produit des rafales de plus de 90 km/h. À la station de Montréal-Trudeau, des vents de 32 km/h étaient encore enregistrés à 19 h, avant qu’une importante cellule pluvieuse ne déverse 22 mm de pluie en une seule heure.

En pyrotechnie, des vents de 40 km/h constituent une limite à partir de laquelle il devient impossible, de procéder à un tir en toute sécurité, bien que l'approche de cette limite soit loin de correspondre à des conditions idéales.

Plusieurs spectateurs auront sans doute hésité à se déplacer devant un ciel aussi menaçant. Pourtant, vers 21h15, alors que débutait la cérémonie protocolaire soulignant les nombreux artisans marquants des quatre dernières décennies, les forts vents étaient tombés, le ciel s’était dégagé et l’été avait repris ses droits.

Le dieu Jupiter était encore parmi nous.

En 40 ans d’existence - 346 feux planifiés - un seul spectacle a dû être annulé. C’était le 29 juin 2023. La veille, la Santé publique avait recommandé l’annulation du feu d’ouverture en raison de la dégradation anticipée de la qualité de l’air causée par les incendies de forêt qui sévissaient alors au nord du Québec.

Cette fois, le spectacle a bel et bien eu lieu. Comme d’habitude. Mais la météo avait déjà laissé des traces. Les importantes précipitations tombées avant la représentation ont endommagé une partie de la technologie. Malgré un report de quelques minutes dans l’espoir de résoudre certains problèmes, une portion importante des pièces pyrotechniques n’a pu être mise à feu.

Au-delà des bombes aériennes, c’est essentiellement la moitié droite du spectacle imaginé par GFA Pyro qui est restée muette.  Revoyez ce spectacle ici :

 

Ambition irréaliste

Il faut néanmoins reconnaître l’audace de GFA Pyro. Un feu d’ouverture offre une liberté que la compétition ne permet pas toujours. Sans critères à respecter, une firme peut se permettre d’expérimenter, de tester de nouvelles idées et de repousser certaines limites techniques. C’est un terrain idéal pour innover.

Encore faut-il que tout soit en place.

Toutes ces nouveautés et fioritures demandent énormément de temps d’installation. Entre la canicule du 1er juillet, les conditions météorologiques difficiles du lendemain et les fortes pluies qui ont précédé la représentation, le plan était particulièrement ambitieux. Trop ambitieux peut-être. Certaines surprises prévues n’ont pas eu lieu. D’autres n’ont tout simplement pas eu l’effet escompté. Par chance, aucun critère n’existe lors de cette soirée d’ouverture et le but simplement festif de l’exercice fut atteint.

Avec le début de la compétition ce soir, c’est le retour à Montréal de ces belles histoires racontées d’explosions colorées. C’est le retour de l’ART PYROTECHNIQUE !  Et c’est précisément ce que la Hongrie nous propose.

Un rêve d’enfant prendra vie

Le pays des Magyars sera le premier à entrer dans l’arène avec NUVU Kft., une firme que nous avons eu plaisir à découvrir il y a 4 ans, alors qu’à sa toute première participation, elle remportait le Jupiter d’argent ! Être invitée à revenir pour cette édition anniversaire représente, pour ses artisans, un immense honneur.

Le spectacle intitulé Montagnes russes d’émotions trouve son origine dans un rêve d’enfance du directeur Ferenc Tóth : « Vers l’âge de huit ou dix ans, j’ai fait un rêve où j’étais le concepteur et le constructeur d’une montagne russe traditionnelle en bois. Un rêve si réel que je ne l’ai jamais oublié. Alors quand nous avons commencé à nous pencher sur ce que nous allions faire ici, il est devenu évident que je devais enfin concrétiser ce rêve ! »

Le lieu est tout indiqué : raconter cette histoire à La Ronde ajoute une dimension particulière à l’expérience. Les Montréalais ne pourront s’empêcher de penser au Monstre, inauguré il y a 40 ans, la plus haute montagne russe en bois à double voie au monde !

Mais la montagne russe de NUVU ne sera pas faite de bois. Elle sera faite d’émotions.

Le directeur Ferenc Tóth, la conceptrice Anikó Seres, et leur fille Sára

Quand la musique raconte la vie

Le spectacle débutera dans un monde où les émotions n’existent plus, où le rock est interdit et où le personnage principal cherche à s’en libérer grâce à ses aspirations, sa persévérance. Puis viennent les succès, l’amour, mais aussi les défis de la vie, les moments plus difficiles, la maladie.

La bande sonore (disponible au bas de cet article) raconte exactement ce parcours. L’ouverture avec Mr. Roboto de Styx installe ainsi un univers froid et mécanique, puis A Million Dreams ouvre ensuite la porte aux rêves, à l’espoir. Chaque pièce musicale accompagne une nouvelle étape de cette vie faite de hauts et de bas, comme Le Monstre. Un parcours émotionnel où le désespoir laisse place à la réussite, la lutte à l’amour, les épreuves aux nouveaux départs.

Un ciel doré pour les enfants

La conceptrice artistique Anikó Seres, la conjointe de Ferenc, avance que chaque tableau y trouvera sa couleur. Littéralement. Jusqu’au moment probablement le plus bouleversant du spectacle : la version acoustique de We're not gonna take it. Loin de l’hymne rock que nous connaissons tous, cette pièce donne la chair de poule avec son rythme lent et la voix grave et râpeuse de Dee Snider; elle a été enregistrée pour soutenir la lutte contre le cancer pédiatrique.

Ainsi, pour cette séquence, le ciel se parera d'or, à l’image du ruban doré, symbole international de cette lutte contre le cancer chez l’enfant. Un choix artistique qui donne une profondeur supplémentaire à un tableau déjà chargé d’émotion.

Finalement, la lumière reviendra avec Forogj Világ! du groupe hongrois NOX, une conclusion porteuse d’espoir où la montagne russe émotionnelle atteindra enfin son sommet.

Less is more

Sur le plan technique, NUVU annonce aussi une production d’envergure, bien qu’elle ait beaucoup appris de leur visite précédente. En 2022, ils avaient planifié beaucoup plus que ce qui a été possible de faire, sans toutefois nuire au spectacle. Cette fois-ci, on a préconisé une approche less is more afin de s’assurer que le spectacle prévu pourra être celui rendu. Plus de 5 000 mises à feu seront synchronisées à la musique. Toutes les rampes de lancement seront mises à profit dont 25 positions sur le grand quai à lui seul, ainsi qu’une tour surmontée d’une structure circulaire qui saura réserver son lot de surprises et d’effets wow. Parlant de wow, le spectacle comprendra aussi une dizaine de bombes de 12 pouces, soit le calibre maximal autorisé au Canada.

N’étant pas un fabricant d’artifice, NUVU utilisera des produits provenant de plusieurs grandes maisons européennes : les Italiennes Panzera, Parente et Giuliani, les Espagnoles Europlà et Igual, ainsi que des magnifiques pièces provenant de leur réserve spéciale de la firme slovène Hamex.

Après une ouverture marquée par les caprices de la météo, la Hongrie propose donc une œuvre où la pyrotechnie ne sera pas seulement une succession d’explosions.

Elle sera un langage.

Celui d’une vie racontée dans le ciel, une émotion à la fois.

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Bande sonore de Montagnes russes d'émotions de la firme hongroise NUVU Kft :