26 juillet 2014

Bel hommage à Mandela !



S'il y en a un qui doit être content, c'est bien Nelson Mandela ! Quelle fête que celle réservée par l'équipe française de Brézac Artifices !  C'était le but, et je suis ravie que le plan ait fonctionné.  Une ligne conductrice claire, bien exposée au public à l'aide, non pas d'une simple narration, mais plutôt de divers extraits de discours historiques, incluant la voix posée mais convaincante de Nelson lui-même. En anglais certes, mais on ne pouvait faire autrement.  Et puis, le public a reçu à son arrivée dans les gradins, un joli livret couleur où l'on avait traduit en français les différents actes de cette grande histoire qu'est celle de la vie de Nelson Mandela. 

Conception A1
Pour continuer dans la même veine, mentionnons la très bonne trame sonore, élaborée par le concepteur et montée par Martin Lascelles. Toutefois, vous connaissez mon aversion pour le fade out, alors les quelques chansons qui se sont vues réserver ce traitement me laisse un peu tiède... Mais mis à part cette petite critique toute personnelle, la musique ne pouvait mieux coller au thème.  Exploitant tout aussi bien le drame de l'apartheid et de l'emprisonnement, que les festivités entourant la libération de Madiba; tout le feu d'artifice français fût un vrai régal.  Une excellente conception, variée et dynamique, présentant son lot de spécificités. Soulignons à cet effet, le '18' qui a éclairé le ciel, soulignant la naissance de Nelson Mandela le 18 juillet 1918, l'effet 'portes de prison', et toute cette représentation de la nation arc-en-ciel, magnifiques couleurs à l'appui. Vraiment très imagé comme prestation, et ça, on aime ça !!! Des produits diversifiés, peu réutilisés tout au long des 30 minutes, de très belles couleurs, (quoiqu'il semble y avoir eu vente de feu sur les rouges...), une super utilisation de l'espace, incluant le lac largement illuminé par moment, une bonne finale complètement blanche - que j'aurais peut-être aimé un peu plus grandiose - mais sinon, vraiment, la recette était complète !  

Mais...
Mais un plus gros bug... les mises à feu ratées.  En dépit de la grande qualité des explosifs, plusieurs d'entre eux, majoritairement disposés sur la rampe 3 (le long quai), n'ont pas répondu à l'appel. La conception s'en trouve alors amputée de toute cette belle symétrie, de toute cette belle suite logique au départ imaginée.  Ça coûtera cher sur la grille d'évaluation.  Comment vit-on avec ces erreurs ?  'C'est surtout que quand on voit que la première arrive, on sait que la deuxième va arriver et la troisième va arriver... On sait d'avance les problèmes qu'il y aura...  Il y a eu des choses au début qui ont explosé au sol, à mon avis il y a eu des coupures de réseau sur certaines parties et sur un bloc en particulier. Un moment donné c'est sur que ça manque. C'est difficile avec 3 jours de temps, et l'orage en plus ce matin, on n'a pas eu le temps de tout couvrir, on a fini à 18h30 ce soir... Si on avait eu un peu plus de temps, je pense qu'on aurait pu tout bien finir.... ça a été un peu short.' de dire le concepteur Dominique Brézac.

Ta plus grande fierté Dominique ? 'La variété !'.  Bien d'accord ! Et les bombes suspendues à de petits parachutes assurant une descente très lente ? C'est illégal au Canada... 'Moi, je n'ai pas vu de parachutes... Seulement des petites lumières qui sont freinées par des spirales.'  Ah ? Je laisserai le soin de juger à la direction de l'International.  Car si c'était vraiment des parachutes, Brézac pourrait perdre de précieux points, peut-être même disqualifiée, ce qui serait un drame en soit, puisqu'à ce stade-ci, c'est définitivement, selon mon humble avis, un podium qui attend les Français.    

Toute l'équipe reprenait la route des airs dès le lendemain du spectacle, très contente de sa 5e visite à Montréal avec raison. 'On est bien accueilli ici, je pense que c'est une des meilleures équipes et en terme d'autonomie sur les rampes aussi, qui nous permet nous de faire autre chose, il n'y a jamais de problèmes de communication, de problèmes interpersonnels; ça se passe bien.  On n'a pas eu de surprise.' conclut Dominique. 

Merci merci merci à tout Brézac pour cette magnifique soirée ! J'adore cette 30e édition ! Mais il n'en reste plus qu'un. Samedi, Foti de l'Australie. 

23 juillet 2014

4 ans plus tard...


La dernière fois que j’ai vu Dominique Brézac, designer de Brézac Artifices, c’était à la remise des Jupiter en 2010. Il avait alors remporté le bronze. Il ne souriait pas et ne s’est surtout pas attardé.  Dès les photos officielles terminées, Dominique s’est volatilisé.  J’ai cru qu’il ne reviendrait jamais. Depuis 2010, je suis sous l'impression que la couleur du prix était en cause. J’étais dans l’erreur.  Ce n’est pas le bronze que Dominique boudait, c’était le Jupiter de trame sonore. ‘Le fait que la bande son du disco soit la bande son primée cette année-là, c’est choquant.  Parce que ça veut dire qu’on n’a pas besoin de chercher un thème, de travailler sur la bande.  Ça nous a scié complètement, parce qu’on se disait qu’il n’y avait plus besoin de créer quelque chose.  Nous, la philosophie de la bande son était quand même plus travaillée.  C’est là où on se dit que c’est plus la peine de travailler, de se casser les pieds.  Le problème fondamental, c’est quand même d’avoir un thème et que ça colle. Un moment donné on se dit, si les gens trouvent que ça ne colle pas, c’est plus la peine de venir. Parce qu’un jour les gens ne viendront plus.   Le problème il est là, si les gens travaillent sur quelque chose et que ce n’est pas reconnu... Après ben on se dit qu’effectivement, c’est peut-être pas la bonne direction, c’est pour ça qu’on a changé aussi.’ Et puis la poussière est retombée. À mon grand bonheur, car Brézac nous a prouvé par le passé être capable d'une immense créativité. 

Mandela
La direction de l'International des Feux Loto-Québec a téléphoné à Dominique le jour de l'enterrement de Nelson Mandela.  L'idée était née.  ‘C’est un spectacle sur, non pas la liberté comme ça a été traduit, mais c’est bien Freedom par rapport au fait que c’est sur Mandela et que ça reprend en fait tous les grands moments. Sa jeunesse, l'apartheid, la prison, la mobilisation, la libération et la création de la nation arc-en-ciel. Les gens se sont rendus compte un peu tardivement ce qu’était, ce qu’avait fait Mandela. C’est extrêmement rare que pour une seule personne, le monde entier était triste.  Ya peu d’événements, à part peut-être des événements sportifs, qui arrivent à avoir ce niveau de captation, et je pense que les gens à ce moment là étaient vraiment sincères et émus.  Le 18 juillet, c’était son anniversaire, et je pense que c’est le bon moment de lui rendre hommage, quelques mois après sa mort, pour quelque chose de joyeux.’ 

Et que nous réserve Brézac en concret ?  ‘Je ne souhaite pas aborder ni le coté cues, ni le coté quantité, ni le côté origine. J’estime que la course aux cues n’a pas de sens.  Ceux qui veulent faire plus, font plus.  Nous, on va faire ce qu’il faut. Et puis les surprises, il faut que ça reste des surprises. J’ai sélectionné des produits d’un peu partout en France, au Portugal, en Espagne, en Chine.  J’ai mis le matériel qui me paraissait cohérent par rapport aux jours d’installation, au budget et à l’ampleur que je voulais et j’ai mis le nombre de cues qui me paraissait cohérent par rapport à un spectacle de trente de minutes de ce niveau-là.’


Nous n'en saurons pas plus. Il faudra donc inévitablement être sur le site de La Ronde à 22 heures pour être témoins d'une autre belle soirée signée Brézac Artifices.  Bonne chance à nos cousins.  La météo se calmera cet après-midi, soyez sans crainte ;). 

Couverture du livret qui sera distribué au public ce soir


21 juillet 2014

Freedom - Trame sonore


Bande sonore de 'Freedom, hommage à Nelson Mandela' de la firme Brézac Artifices de la France : 

TITRE - INTERPRÈTE/COMPOSITEUR

Ordinary love - U2
Sons of Xhosa - Alex Heffes
Transkei - Cedric Gradus Samson
Civil Disobedience Alex Heffes
Talkin' about a revolution - Tracy Chapman
Robben Island Ambiance - Cedric Gradus Samson
Xoleta  - Kyle Eastwood & Michael Stevens
Asimbonanga - Johnny Clegg & Savuka
Anger on the streets - Alex Heffes
Nelson Mandela - The Special Aka
Give me hope Jo'Anna - Eddy Grant
Mandela day - Simple Minds
Ukonqoba - Kyle Eastwood & Michael Stevens
Shosholoza - Yollandi Nortjie
Oh Happy Day - Soweto Gospel Choir

20 juillet 2014

A delightfully scary good time

Et voilà, une autre belle soirée à la Ronde en ce 19 juillet dernier alors que Melrose Pyrotechnics des Etats-Unis nous transmettait leur enthousiasme débordant via leur spectacle Fright Night !

Dès le départ, la conception s’annonçait très intéressante, jouant avec les flammes au sol sur les premiers sons de Thriller, et avec ces photo-flash alors que le tonnerre résonnait.  Et puis, apparurent les premières grosses bombes alors que Michael s’époumonait ‘Cause this is thriller, thriller night !’. Très bon début précédant la narration de la voix on ne pourrait plus grave d’Alain Cadieux. Toutefois, ma terreur s’est arrêtée à la narration. Le feu en lui-même n’a pas su me faire vivre cette sensation d’angoisse, d’inquiétude, de peur que la firme voulait me transmettre.

Tout au long du feu, les effets se sont bien mariés à la musique. Une trame sonore bien mixée soit dit en passant - merci au directeur musical Jonathan Gesse - où l’on y avait ajouté pour les besoins de la cause, des cris de loup-garous, des vrombissements d’orage, etc… J’en aurais pris plus. Quelques choix de chansons discutables, mais c’est bien personnel. Ne passons pas sous silence la très amusante ‘In the Hall of Mountain King’ qui, avec son accélération de tempo a largement fait sourire et applaudir la foule. Synchro parfaite ! Très peu d'erreurs, quelques couleurs erratiques et certaines pièces désobéissantes, mais à peine. 

Malheureusement, une grosse lacune : la variété.  Les répétitions de produits étaient nombreuses. Le problème, c’est que cet aspect vient jouer sur 2 critères à la fois.  Sur les pièces pyrotechniques et sur la conception. Conception qui aurait pu être plus complexe aussi. Ça fera mal à Melrose. Ses prédécesseurs ayant mieux fait à ce chapitre, ils risquent de dépasser la firme américaine au fil d’arrivée.

Peu importe la grille d’évaluation, les artificiers de Melrose ont reçu une solide ovation dès que la grande roue s’est rallumée, et a suffit à leur rendre le sentiment du devoir accompli !  Merci à Michael, Matt, Jon ainsi que toute leur équipe.  Que ce soit sur le terrain cette semaine à Montréal ou à la maison à Chicago, tous ceux qui ont travaillé de près à cette soirée méritent une belle tape dans le dos. Définitivement un delightfully good time !

18 juillet 2014

Le feu de la terreur


Ce soir, un autre feu que j’attends avec impatience, celui des Américains, celui de Melrose Pyrotechnics qui a remporté l’or en 2006, l’année où je fus jurée. Thème très facile : Nuit d’horreur. Je n’aurai pas besoin de 3 paragraphes pour vous expliquer le concept, c’est ça. Michael Cartolano, designer, et Matt Peterson, directeur artistique, que j’ai rencontrés s’expliquent : ‘Last year we were doing a tiny show in downtown Chicago for the Halloween, which we filmed, and the morning after it just clicked, hey what about Fright Night for a show ? We’ve been working on a soundtrack for a few weeks, we put something out there, we worked on different themes and they weren’t clicking with us. We were really looking for something that has never been done here. And Martyne facebook page (NDLR : Martyne, la directrice de l’International des Feux Loto-Québec) is what pushed us over the edge. We saw her pics of the fright fest you have here in La Ronde. We also have a Six Flags in Chicago that does fright fest also, and it just clicked. Once we thought of it, that was it.’ 

Martyne Gagnon, photographiée à l'occasion 
du festival de la terreur à La Ronde 

La narration de cette soirée d’horreur sera assurée par une voix populaire d’ici, celle d’Alain Cadieux qu’on a d’ailleurs pu voir et entendre au récent Gala des Olivier.

Utilisant beaucoup de produits Caballer, du chinois, un peu d’italien et des effets pyrotechniques de scène, les Américains n’ont pas été très volubiles quant aux trucs qui pourraient sortir de l’ordinaire. J’ai l’impression qu’ils nous gardent quelques surprises… Sans hésiter, Matt et Michael diront à l’unisson que l’avant-dernière chanson est celle qu’ils ont le plus hâte de voir. Alors, moi aussi ! ‘The show is built so that the entire family can enjoy. The kids, mom and dad, the grand-parents, they will all find a piece that they’re going to take home. We can’t wait to see it ourselves !!! Seriously !’ diront-ils en riant. 

Les américains sont très souriants, très confiants, et bien que ce soit leur plus gros spectacle de l’année, ils se sentent en vacances ici. Ils aiment Montréal, ils aiment le concours, toute l’équipe à Chicago est très excitée et a apporté une énergie démesurée tout au long du processus de création. Ils ont même une réplique grandeur nature des installations de La Ronde chez eux, histoire de bien tester leurs effets. Ils sont tellement prêts qu’ils n’ont pas l’impression de travailler cette semaine. C’est bon signe. Il ne reste plus qu’a souhaiter que la nuit d’horreur ne le soit qu’au figuré !

Bon feu !!!

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Bande sonore de 'Nuit de terreur' de la firme Melrose Pyrotecnics des États-Unis : 

TITRE - INTERPRÈTE/COMPOSITEUR

Thriller Michael Jackson
Tocatta and Fugue in D Minor - Bach
Feed my Frankestein - Alice Cooper
People are strange - The Doors
I put a spell on you - CCR
Whitchcraft - Frank Sinatra
Wizzard of Oz Medley - RSC Orchestra
Ding-Dong the witch is dead - Barbra Streisand

Ghostbusters - Ray Parker Jr.
Monster Mash - Sha na na
Purple people eater - Bobby Pickett
Headless Horsemen - Thurl Ravenscroft
In the Hall of Mountain King - Edward Greig
Bring me to life - Evanescence
Tales from the crypt - Denny Elfman

Bat out of hell MeatLoaf
Thriller Michael Jackson

Légendaires Légendes



Plein écran / Full screen

Si vous lisez ce blog, vous savez que c’est avec Royal Pyrotechnie que je m’associe lorsque j’exerce ma passion d'artificière.  Sinon, bien vous venez de l’apprendre.  Bref, vous pouvez me traiter de très partiale, d’être en conflit d’intérêt, d’être biaisée, etc., vous aurez raison   Royal, c’est ma gang, je les aime d’amour, et je leur souhaite l’or bien sûr !  

Mais pour vrai, à ce stade-ci, en toute objectivité - si cela est possible - c’est définitivement ce qui les attend. Mais attention, il reste 3 spectacles de qualité à venir.  Alors, attendons donc…

Je vous ai parlé en début de concours que les feux qu’on nous présenterait en cette année toute spéciale du 30e anniversaire, devraient frôler la perfection pour prétendre à un Jupiter.  Royal et FSC se sont joliment approchés de cette perfection mercredi soir dernier.  Que peut-on redire sur le spectacle canadien ?  Un bon début (enfin !), une narration soutenue autrement que ce à quoi nous sommes habitués, demeurant quand même audible et plaçant bien le tableau à venir, excellente musique pour chaque légende. Le design pouvait difficilement être plus créatif, divertissant, inattendu; ne répétant jamais les même figures.  Pour la première fois depuis mes 9 dernières années à La Ronde, l’une après l'autre, mes photos étaient complètement différentes. D’un dix secondes à l’autre, les angles avaient changé, les produits n’étaient plus les mêmes, la composition était totalement autre.  Les jeux d’angles furent omniprésents tout au long des 30 minutes, ajoutant un grand dynamisme à la prestation, gardant les spectateurs sur le qui-vive, surveillant le prochain tir.  Le tout avec des effets variés à souhait, de belles couleurs lorsque l'on s’éloignait du doré, et des surprises ici et là.

J’attendais avec impatience, la légende des feux follets.  Zéro déçue.  Ça reste même mon moment fort, et celui d'une grande majorité de spectateurs si l'on en juge par les réactions de stupéfaction entendues dans les gradins. Pendant toute la légende, on avait l’impression de suivre ces petites flammes malignes au bord du précipice.  Débutant dramatiquement, le tableau s’est terminé sur une note plus funky, mais surtout par l’effet saisissant des 'laser comets’, qui, après leur lumineuse éclosion disparaissaient en une fraction de seconde, laissant le public complètement pantois.  Une type d'artifice jamais vu à la Ronde ou enfin, pas avec cette quantité, ce qui a rendu l’effet vraiment surprenant.  J’en ai rêvé.  Et j’y penserai encore longtemps.  Je veux en revoir !!!

Je ne trouverais pas de point négatif que vous seriez vraiment convaincus de mon parti pris.  Je dirai simplement que le spectacle a été très chargé.  Les moments plus subtils n’abondaient pas, et le public avait peine à reprendre son souffle. Toutefois, malgré l’ampleur, je n’ai pas ressenti l’effet de 'remplir pour remplir'.  Il semblait que chaque bombe avait sa place, et son effet associé à un autre niveau.  Car, en ce qui a trait à l’utilisation de l’espace, wow.  Le spectacle était d’une largeur qui dépassait mon grand angle, les arches aidant; les deux designers ont constamment joué avec les différents niveaux horizontaux, mais aussi énormément avec la profondeur qu’offrent les 5 rampes de lancement de La Ronde, ajoutant encore plus de dimension au spectacle.   Jamais un artifice se retrouvait seul dans sa catégorie. Sinon, je ne suis pas une très grande fan des tableaux complètement doré;  il y en a eu plusieurs. Mais c'est bien personnel. Et quelle finale !!!

Finalement, côté exécution, bravo.  Jamais un angle n'a déréglé de sa symétrie, et les erreurs à peine dignes de mention.  De la préparation en entrepôt jusqu'à 22h30 mercredi, tout a été fait de la bonne façon, de sorte que le feu d'artifice que nous avons vu était exactement celui imaginé. Pas de gros pépins, pas de défaillance technique, un succès sur toute la ligne. Il n'y a que le vent qui n'a pas coopéré poussant fumée et débris vers les gradins, décolorant un peu la prestation à certains endroits.  Mais peu importe ce facteur externe incontrôlable, toute l'équipe est ressortie exaltée de son expérience et du résultat.  

'Kutuan, Légendes de feu' devient légende et s'inscrit dans les plus grandes prestations offertes à La Ronde en 30 ans d'existence.  En toute impartialité. Oui, oui.

Chapeau mes amis, et bonne chance !!!

Canada Kutuan - Photos



14 juillet 2014

Place aux Légendes !!!


Nous y voici, le feu le plus attendu - pour ma part - de la saison : le feu du Canada !!!

Pour l'occasion, deux compagnies s'associent; ma gang de Royal Pyrotechnie (J'capote !!!), et la firme amie Fireworks Spectaculars of Canada, appelons-les FSC, de l'Alberta.  Fait rare me direz-vous, mais c'était ça ou pas de Canada au 30e anniversaire.  Royal ayant remporté l'or en 2009 et FSC en 2010, l'une ou l'autre se devait d'être sélectionnée. Mais ni pour l'une, ni pour l'autre, ça ne semblait possible. Royal est l'hôte de la compétition pyrotechnique du Lac des Nations de Sherbrooke qui commence ce soir, en plus des Grands Feux du Casino du Lac Leamy à Gatineau du 2 au 16 août.  FSC quant à elle, a terminé hier le Stampede de Calgary, 11 feux d'artifice en 11 jours.  En plus de toutes les festivités du 24 juin/1er juillet.  Bref, des horaires méga chargés, un grand besoin d'effectif, de matériel; le partenariat devenait évident.  Et sauvait ainsi La Ronde d'un choix difficile.  Alors, pourquoi pas les deux ?

À leur commande, Yanick Roy et Brad Dezotell que j'ai rencontrés.  Un design combiné à distance, avec deux styles différents, c'est possible ?   'He came 3 times to my place' de dire Yanick Roy.  'The first meeting was ideas on the white board.  Just putting ideas on a show called Reveries.  Then came the soundtrack, we defined who would do which section, and started putting some cues... when we finally discover that WECO's show was quite similar in terms of the theme !  So we said no, we cannot do that. At this time, I presented Brad with a show I did in the past 'Kutuan, Legends of fire'.  De là, plusieurs idées nées de Rêveries sont restées, certaines musiques pouvaient aussi être réutilisées, et à deux, ils sont arrivés à une version complètement revampée du spectacle qui a valu les grands honneurs à Royal aux Philippines.  Même à distance.  Une dernière rencontre leur a permis d'homogénéiser tout le design, d'éviter le plus possible les répétitions, si bien qu'à ce stade-ci, ils ne savent plus qui a créé quoi. 'We both checked each other's sections, we both changed things on each other design, would it be products or just 'hey what do you think about this ?' and vice versa.  Yanick is a little more free-floating than i am i think, and im a little bit more regimented.  He likes to let it go and sometimes just let the fireworks do the work in a tableau style and at first he does amazing design. I'm a little bit more regimented, little bit more agressive, so we kinda met in the middle.' de compléter Brad Dezotell.  Le directeur technique Patrice Guy a aussi joué un rôle important dans toute l'optimisation de la logistique d'un spectacle aussi complexe, ainsi que Serge Péloquin en ce qui a trait à la musique, récpiendaire du Jupiter de la trame sonore remis en 2009. 

Kutuan (prononcez Kut'awann)
Kutuan, c'est un mot innu signifiant emplacement du feu.  Le duo a donc travaillé cet élément selon 4 légendes. La première : la légende du Diable. Le Diable, l'enfer, le feu; l'association est naturelle. Ensuite, la légende du Phoenix.  Cet oiseau de feu doté du pouvoir de renaître après s'être consumé par sa propre chaleur.  C'est la mort et la résurrection. Viendra la légende des Feux Follets, qui risque d'être fort intéressante, si je pense à l'esprit taquin de ces petites flammes... Et finalement la légende du Feu. Le feu, 'le don de Dieu à l'homme.  Le seul qui sache faire du feu et qui a réussi à apprivoiser cette force de la nature.  Le feu peut détruire, mais lorsqu'il est maîtrisé, il illumine' peut-on lire dans le communiqué de presse.  Laissons-nous illuminer demain soir.


Quant aux produits, une belle variété s'annonce, le duo ayant pigé dans leur inventaire de Panzera, Lidu, Vulcan, Caballer, Luso, Pirico, Yung Feng, Zaragozana, Ipon, Dancing, et des pièces de proximité d'Ultratech, Next FX et RES.  Ajoutons-y ce qui risque d'être le wow-factor de la prestation, c'est-à-dire 5 arches, et quelques autres effets surprise, la recette semble complète. 

J'ai déjà le trac. Depuis 3 jours ! 
Go Canada Go !

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Bande sonore de 'Kutuan, Légendes de feu' des firmes Royal Pyrotechnie du Québec et Fireworks Spectaculars de l'Alberta : 

TITRE - INTERPRÈTE/COMPOSITEUR (film)

Riding lorek Alexandre Desplat (The Golden Compass)
Ice Bear Combat Alexandre Desplat (The Golden Compass)
Iorek Byrnison Alexandre Desplat (The Golden Compass)
Ice Bear Combat Alexandre Desplat (The Golden Compass)
La légende du Diable
Is it poison, Nanny ? - Hans Zimmer (Sherlock Holmes)
Discombobulate - Hans Zimmer (Sherlock Holmes)
Tornado  - Hans Zimmer (Man of Steel)
The Fall - Harry Gregson-Williams (Total Recall)
La légende du Phoenix
Inner Sanctum - James Newton Howard (Dinosaur)
End of the Story James Newton Howard (The Water Horse)
Flying - Sergio Mendes & John Powell - (Rio)
Test Drive John Powell (How to Train Your Dragon) 
Rumpel's Defeat Harry Gregson-Williams (Shrek Forever After)
La légende des Feux Follets
The Golden Compass Alexandre Desplat (The Golden Compass)
Sky Ferry Alexandre Desplat (The Golden Compass)
Samoyed Attack Alexandre Desplat (The Golden Compass)
 Dodgeball - John Debney - (Chicken Little) 
La légende du Feu
Jake's first flight James Horner (Avatar)
The Bioluminescence of the Night James Horner (Avatar)
Become One of "The People"James Horner (Avatar)

The Legend Begins - Audiomachine - (Tree of Life) 
Eternal Flame Audiomachine (Epica)

Colorée poésie


Plein écran/Full screen

Excellent travail de Pirotecnia Caballer samedi soir à La Ronde ! Digne d'une 30 édition, le spectacle fût un réel divertissement, un réel plaisir pour tous les festivaliers. Même postés plus loin sur la Rive-Sud, les gens ont pu être témoins de la richesse, de la brillance des couleurs uniques de Caballer.  Mes photos en ont pris leur coup, les blancs étant beaucoup trop blancs !  Mais je n'en tiens évidemment pas rigueur à la firme espagnole et, pour toutes ces fois où mes yeux se sont d'instinct rapetissés devant toute cette luminosité - élargissant du fait même mon sourire - je leur dis : Merci ! 

Une belle variété aussi dans les effets et pas si souvent redondants.  Caballer a bien utilisé ces derniers sur une musique généralement entraînante; les modèles de tir étaient plaisants, amalgamant bien les différents niveaux et vraiment bien associés à la musique.  À peine à quelques reprises, la synchronisation ou le choix des pièces pyrotechniques versus la musique fût plus douteux.  C'est ici que les points s'envolent.  Pour les petites erreurs aussi.  La perfection ne semblant pas être de ce monde... J'aurais également aimé un peu de sang neuf au niveau des angles de tir.   Je pointille, mais on le sait, en 2014, tous les menus petits détails prennent une grande importance.  Départager ces 6 grands compétiteurs ne sera pas une mince affaire ! 

Mais ma plus grande critique revient au thème.  C'était un pari risqué. Tout comme à la poésie en général lors de la première lecture, je n'ai pas compris grand chose à celle des Espagnols.  Malgré la narration au début, il m'a été difficile de m'y retrouver.  Dommage. J'aurais aimé le vivre à leur façon.  

Qu'à cela ne tienne, pour tout le reste, Pirotecnia Caballer peut se dire mission accomplie.  Il s'agissait de tout un travail de mettre en place un spectacle de cette ampleur et de ce côté, elle a réussi et a joliment bien représenté son Espagne. Tout comme à chacune de ses présences d'ailleurs. Felicidades !

Bon, on commence le sprint : Prochain feu, mercredi, le Canada.

12 juillet 2014

Érase se una vez


Il était une fois...
...la première entreprise pyrotechnique d'Espagne : Pirotecnia Caballer.  Elle cumule à elle seule 5 Jupiter en 6 présences à La Ronde. Belle moyenne !  Malheureusement absente du concours montréalais depuis 10 ans, les amateurs se délecteront de son retour.  Ne serait-ce que pour la quantité, mais surtout la qualité des artifices Caballer; ces produits qui font sa renommée, très souvent prisés par les compétiteurs à Montréal.  Cette année ne faisant pas exception, vous verrez la marque espagnole apparaître dans les prochaines entrevues de leurs rivaux...  Avec au moins une centaine de bombes de plus de 8'', quelques autres milliers de plus petit calibre, près de 6000 monocoups et plein d'autres belles affaires que je vous garde en surprise, ce n'est pas tout à fait le 12000 annoncé, mais ça sera sans l'ombre d'un doute tout un festin visuel !

Il était une fois... 
...une trame sonore complètement espagnole.  Complètement inconnue.  C'était important pour eux d'y aller de la sorte ?  'We wanted to go with the type of shows we used to do in La Ronde with passion and with the personnality of spanish music.  We know that the audience know a lot about music; it would be easy for us to look for more popular music, but we wanted to put classical music, sensuella, jazz; several types of spanish music in order to give the opportunity to the audience to see the variety of music we have in Spain.' me dira le directeur de la production Vicente Talayero, qui m'a gentiment traduit les mots du designer Luis Fuentes Piquer tout au long de l'entrevue.

Il était une fois... 
...un poème sans mots.  Un poème ?  Sans mots ? En pyro ?    'It should transmit the passion, the same feeling we receive from a poem.  That same passion we put in all the steps of a display : the design, the production, the preparation and the firing.  It is something very special, you couldn't tell with words. That's what we want to trasnmit to the people, the sense of a poem using music and fireworks.' justifie Vicente.  Du même souflle, il poursuit 'When we prepared the shells made exclusively for La Ronde, the passion, the emotion that we put in it is something very special...  Luis me pointe alors les avant-bras du directeur.  Il a la chair de poule !  Yeah I talk about it and i feel it' conclut-il en riant.  Si c'est pas de la passion ça...

Il était une fois. 
C'est un poème.  Sans mot.  En pyro.  Faites-en votre propre interprétation avec ce texte que m'a envoyé Luis après notre entrevue, traduit par Google, no habla espanol.   Pas facile à saisir, mais n'est-ce pas là l'une des principales caractéristiques des grands alexandrins ?

'Le spectacle nous emmène à travers les représentations de l'audio générée par armoires électro, diverses émissions de radio, magnétiques, champs atomiques, et d'autres sont aussi simples que les rythmes des tambours avec les tribus de l'eau Océanie, qui nous emmène dans des mondes séparés par le même Dieu, Un poème, parlant avec des sentiments, non des paroles prononcées par coeur avec la force de la passion, qui est allé une fois, ce que nous sommes aujourd'hui et dans l'avenir deviendra. "Il était une fois".

Avec la belle température qui s'annonce, il ne reste plus qu'à leur dire le mot de Cambronne : Mucha Mierda !!!!

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Bande sonore de 'Il était une fois' de la firme Pirotecnia Caballer de l'Espagne : 


TITRE - INTERPRÈTE/COMPOSITEUR

Un Mundo Separado por el Mismo Dios Nacho Cano
Inquietudes - Felipe Campuzano
En Aranjuez Con Tu Amor - Placido Domingo
Romanza del concertino de guitarra - Salvador Bacarisse
Agua, azucarillos y aguardiente - Preludio - Federico Chueca
Le Di A La Caza Alcance (Requiem) - Estrella Morente
Las Salinas - Felipe Campuzano
La boda de Luis Alonso - Geronimo Campuzano